Place de la Canourgue
Charme et authenticité
Verdoyante et ombragée, la place de la Canourgue est considérée comme l’une des plus belles places de la ville de Montpellier. Élégante, de toute beauté, cette place est composée à son centre de parterres de fleurs aux multiples couleurs, d’arbres, de statues. Terrasses de café, et restaurants bordent ce petit coin de paradis, vous promettant d’apprécier la sérénité ambiante et de passer des moments de calme et de détente. Avis également aux amateurs d’antiquaires, qui sont assez nombreux par ici. Vous ne pourrez résister à son aspect paisible et à l’attrait de son aménagement. Longue étendue bordée de micocouliers, parsemée de buis, dans la tradition des jardins de fraîcheur, cette place, située dans une partie de la ville qui existait au Moyen Age, n’a pourtant été créée qu’au XVIIème siècle.
Place de la Canourgue
Historique
C’est en 1626 qu’elle fût d’abord conçue, avec comme projet d’élever une nouvelle cathédrale dédiée à Saint Louis, pour remplacer la cathédrale Saint-Pierre, dévastée par les guerres de religions. Cette œuvre d’inspiration romaine devait être élevée par l’architecte Pierre Levesville. Mais cette construction, jugée, trop coûteuse et trop dangereuse, sera interrompue sur ordre du cardinal de Richelieu en 1629. Aujourd’hui, on peut encore voir l’assise de celle-ci, la seule partie édifiée, dans la descente de la rue Saint-Pierre. La cathédrale Saint-Pierre sera reconstruite en 1855. En effet, à cette période historique, les maisons étaient serrées les unes aux autres, à l’abri des remparts, les rues étaient très étroites et sinueuses. Et c’est la Ville qui, en 1860, acheta treize maisons pour les détruire par la suite et réaliser cette place.
Lieu plaisant pour les promeneurs et les romantiques, surtout lors du coucher du soleil, lorsque les rayons offrent leurs derniers éclats sur toute l’étendue de la place, c’était à l’époque, avant l’aménagement de l’Esplanade et du Peyrou, le seul lieu où l’on pouvait se promener dans la cité. Au XVIIIème siècle, elle devient le centre de la vie élégante de Montpellier. Son attrait ne date donc pas d’aujourd’hui. A son extrémité, vous parviendrez à l’ouverture sur le baldaquin de la cathédrale Saint-Pierre, mitoyenne de la faculté de médecine, la plus ancienne de France, et où Rabelais fit ses études. A cet endroit, vous pourrez également admirer la fontaine des Licornes, une œuvre d’Etienne d’Antoine, datant de 1770. Elle fut créée en hommage à la mémoire du maréchal de Castries, vainqueur de la bataille de Clostercamp. Située à l’origine sur la place du consulat, dans un cadre architecture dessiné par Donnat, son transfert eut lieu en 1865. Cette fontaine comporte un groupe de licornes et l’on peut observer un bas-relief relatant un épisode de la bataille de Clostercamp.
Place de la Canourgue
Visites
Mais le charme de la place de la Canourgue ne s’arrête pas là : elle est également entourée de très beaux hôtels particuliers datant des XVIIème et XVIIIème siècles. Sur la façade de l’un d’entre eux, vous pourrez apercevoir, à droite de la place, deux statues d’hommes soutenant le balcon, ce sont des atlantes. Cet édifice se nomme l’Hôtel Richer de Belleval, construit entre 1676 et 1678, puis agrandi et rebâti par un descendant de Pierre Richer de Belleval, le créateur du Jardin des plantes de Montpellier. Il a abrité l’Hôtel de ville de 1816 à 1971 (date où ce dernier a déménagé à son emplacement actuel, le Polygone) et est aujourd’hui une annexe du Palais de Justice. Poussez la porte de ce bâtiment, vous apprécierez alors la beauté des cours typiques des hôtels particuliers de Montpellier. Cette cour intérieure renferme une petite fontaine, agrémentée d’une tête de femme jouant de la plume de pan. Cet hôtel a donné son nom à la place, lors de son passage en la possession des chanoines de Maguelone. En effet, « canourgue » signifie « maison des chanoines » en occitan.
De l’autre côté de la place, vous verrez l’admirable façade de l’Hôtel Cambacérès, construite par le célèbre architecte de Montpellier, Jean Giral, en 1723. Ce lieu mérite d’être visité pour le superbe escalier d’honneur. Pour finir votre visite, observez l’Hôtel de Sarret, construit par Pierre Levesville, en 1630, qui est également nommé hôtel de la Coquille. On peut admirer, sur le bas de cet édifice de style Louis XIII, une prouesse architecturale : la suppression de toute une partie de l’angle du mur. C’est la plus grande trompe d’angle du genre en France, qui a la forme d’une coquille, et dont les deux côtés sont inégaux. Dans la cour, une seconde trompe supporte un balcon.
La place de la Canourgue, Jean-Jacques Rousseau aimait s’y promener longuement. Son charme, son aspect paisible, les belles façades qui l’entourent, ses lieux de halte : s’il ne fallait en choisir qu’une dans Montpellier, se serait elle.